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Notre culture de CBD Française

Bienvenue dans les coulisses de la culture Hempereur-CBD. Ici, chaque parcelle de chanvre cultivée en Savoie possède son propre historique : localisation, conditions de culture, variété implantée, évolution de la plante et observations réalisées au fil de la saison. Parcelle par parcelle, culture après culture, nous documentons le développement de nos plantes afin de conserver une trace précise de chaque campagne.

Cette page rassemble les cultures réalisées et en cours, leurs caractéristiques et leur historique. Pour les cultures actuellement suivies, vous pouvez également accéder à leur JDC (Journal de culture) et consulter les différentes étapes de leur évolution. Une manière de découvrir notre travail de terrain avec le plus de transparence possible, depuis la plantation jusqu'à la récolte.

Parcelle A — huit bandes de culture

La parcelle historique est découpée en huit bandes de 33 mètres sur 4,50, soit 148,5 m² cultivés par bande. Six bandes s'alignent en haut du terrain, numérotées de 1 à 6 de gauche à droite. Les deux dernières sont en contrebas, la 7 au-dessus de la 8.

Une bande accueille 50 ou 100 plants, et ça ne se décide pas au hasard : tout dépend de la date de plantation. Quand je plante tôt, les pieds ont le temps de s'installer et deviennent grands — je descends alors à 50 par bande pour leur laisser de la place. Quand je plante plus tard, ils restent plus compacts et j'en mets 100. C'est la plante qui dicte la densité, pas l'inverse.

Espacement : 1,30 m en tous sens. Substrat : la prairie alpine telle qu'elle est. Paillage en toile tissée. Aucun traitement phytosanitaire — ni pesticide, ni insecticide, ni fongicide.

Une bande sur deux

En temps normal je n'en cultive que la moitié. La bande d'à côté est semée en engrais vert : elle ne fait pas de fleurs cette année-là, elle nourrit et améliore le sol.

L'année suivante, on inverse. On bâche là où était l'engrais vert, on débâche l'autre, et on ressème dessus. Ce n'est pas une mise au repos, c'est un échange de rôles : la bande qui sort de production se met à nourrir le sol pendant que sa voisine produit. Le principe est simple — Si je veux optimiser et améliorer mon sol sans apport extérieur il faut que la terre ne reste jamais nue ! Le sol travaille toute l'année, même quand il ne produit rien pour moi.

2026, l'exception

Cette année, j'ai cultivé les huit bandes d'un coup. Environ 700 plants sur la parcelle A, et une variété différente par bande : Amnesia, Strawberry, Gelato, CBG, Sour Diesel, Pineapple, AK47 et White Widow.

Ce n'est pas de la surproduction, c'est de la recherche. Le climat de montagne impose ses contraintes : amplitude thermique, saison courte, grêle, foehn. Toutes les génétiques n'y répondent pas pareil. En faisant tourner huit variétés côte à côte sur la même terre, la même eau et la même météo, j'observe leur comportement réel dans mes conditions — pas dans celles d'un catalogue. Je repère celles qui tiennent, celles qui décrochent, et celles qui donnent quelque chose de bon malgré l'altitude.

L'objectif est de sélectionner les plus résistantes et les plus qualitatives pour les saisons suivantes. C'est un coup à jouer une fois. Dès 2027, je repasse sur la rotation classique, une bande sur deux.

Pourquoi j'arrose par aspersion

J'arrose par aspersion, pas au goutte-à-goutte.

Le goutte-à-goutte mouille un cylindre de terre autour du pied, et c'est tout. Le reste de la bande reste sec. Avec l'aspersion, tout le sol prend l'eau — et c'est tout le sol qui travaille, pas juste les vingt centimètres sous la plante.

Le truc, c'est que je ne nourris pas une plante, je nourris une parcelle. La plante vient se servir dedans.

Chaque bande a son numéro de lot

Les huit bandes sont numérotées de 01 à 08, et ce numéro suit la récolte jusqu'au sachet. Le code de lot se lit comme ceci :

O 26 A 05

O — Outdoor / Culture en Exterieur
26 — l'année de récolte
A — la parcelle
05 — la bande

Le lot O26A05, c'est donc la bande 5 de la parcelle A, récolte 2026 en exterieur. Vous retrouvez ce code sur l'analyse du lot et dans le journal de culture correspondant. De la graine au sachet, on sait exactement de quels 148,5 m² vient ce que vous avez entre les mains.

Parcelle B — neuf bandes, plus loin sur le versant

La parcelle B est sur le même versant que la A, mais plus loin. Sept bandes en contrebas, deux autres juste en dessous. Les bandes sont exactement les mêmes qu'en parcelle A : mêmes dimensions, même conduite. Tout est standardisé pour accueillir 100 plants et pour que la rotation reste simple à gérer.

Cette standardisation n'est pas de la coquetterie. Quand chaque bande est identique, je n'ai pas à recalculer quoi que ce soit d'une année sur l'autre. Le plan de rotation tourne tout seul, et je peux me concentrer sur les plantes plutôt que sur la logistique.

Pourquoi un deuxième terrain

D'abord la rotation : avec neuf bandes de plus, j'ai de la marge pour faire tourner sans jamais forcer une terre.

Ensuite la grêle. En montagne, un orage peut ruiner une saison entière en dix minutes. Deux terrains séparés, c'est la seule assurance qui existe quand on ne peut pas mettre un filet sur deux hectares. Ils sont sur le même versant, donc ça ne protège pas de tout — mais un orage de grêle reste souvent très localisé, et il suffit de quelques centaines de mètres pour que l'un passe au travers.

Le 13 juillet 2026, la parcelle A a pris la grêle. C'est exactement pour ce genre de journée que la parcelle B existe.

Ce que je laisserai derrière moi

Je me pose souvent la question dans l'autre sens : pas ce que je prends au sol, mais ce qu'il restera le jour où je m'en irai.

Ce jour-là, j'enlève les bâches. Et selon ce qui a le plus de sens, je sème une prairie, je laisse l'engrais vert en place, ou je laisse simplement la végétation spontanée revenir. Dans les trois cas, la terre repart. Au mieux, elle repart meilleure qu'avant.

C'est le pari de la méthode. Mes engrais verts, je les irrigue et je les diversifie — légumineuses, fleurs, plusieurs espèces mélangées — pour nourrir autre chose que la seule culture qui suit. Sur une pente comme celle-ci, où l'érosion est à son maximum, chaque année de couverture est une année où la terre ne part pas. Je fabrique du sol dans un endroit qui, sans ça, en perdrait.

Le chanvre lui-même, je ne crois pas qu'il épuise beaucoup. Il pousse vite, il fait de la biomasse, il ne demande pas grand-chose. Ce n'est pas une culture qui vide une terre.

Le point qui me dérange : le plastique

Si je dois pointer une chose vraiment négative dans ma façon de faire aujourd'hui, c'est la toile. Elle s'érode avec le temps, et elle laisse des particules de plastique dans le sol. Je n'ai pas de solution parfaite à ça pour l'instant, et je préfère l'écrire plutôt que de faire comme si le problème n'existait pas.

Le reste, je crois pouvoir dire que je le laisse en meilleur état que je l'ai trouvé. J'ai déjà ramassé plusieurs déchets apportés par le vent sur les parcelles — de ce point de vue là, ma présence est plutôt une bonne nouvelle pour le terrain.

Et c'est précisément pour ça que je travaille sur une autre façon de cultiver, sans bâche. Si elle fonctionne, il n'y aura plus de résidu plastique du tout — à l'exception peut-être des filets, pour les variétés qui ne tiennent pas debout toutes seules.

Sauf que ça aussi, c'est un travail de sélection. Je cherche des génétiques qui se tiennent sans support, parce qu'en montagne chaque manipulation est une contrainte : le terrain est en pente, le matériel monte mal, et tout ce qui demande de repasser derrière la plante coûte du temps qu'on n'a pas.

Le principe est toujours le même : travailler avec la nature, pas contre elle. Une variété qui tient debout toute seule, c'est un filet en moins. Un sol couvert, c'est un désherbage en moins. À chaque fois qu'on trouve la solution qui va dans le sens de la plante, on enlève une contrainte au lieu d'en ajouter une.

2026, la saison d'observation

Comme en parcelle A, la première saison sert à regarder. Neuf bandes, neuf génétiques : Lemon Haze, CBDV, CBGV, EG1 + CBC, Skunk, Gorilla, Bubblegum, Zombie et Critical. Des variétés très différentes, volontairement — c'est le seul moyen de savoir lesquelles supportent l'altitude et le versant.

Tout décale d'une bande par an

À partir de 2027, la parcelle entre dans son rythme : quatre bandes en chanvre, une bande en autoflorante, le reste en engrais vert. Et chaque année, l'ensemble du dispositif se décale d'une bande. La Lemon Haze était sur la 1 en 2026, elle passe sur la 2 en 2027, la 3 en 2028, et ainsi de suite. Les trois autres variétés la suivent, une bande sur deux.

Comme il y a neuf bandes — un nombre impair — le décalage ne retombe jamais sur lui-même. Il faut neuf saisons pour qu'une bande revienne exactement au même régime. C'est ce qui permet de faire tourner sans jamais avoir à y réfléchir.

L'autoflorissante derrière la Lemon Haze

L'autoflorissante n'est jamais placée au hasard : elle reprend toujours la bande que la Lemon Haze occupait l'année d'avant. Comme la Lemon Haze est ma variété la plus tardive, sa bâche reste en place tard dans la saison — et l'année suivante je sème l'autoflorante directement dans les trous de cette bâche, sans avoir à remettre du paillage.

Toutes mes plantes partent en godet, sauf les autoflorantes. Elles, je peux les semer sur place. Et si je veux semer plus dense, j'enlève la bâche au dernier moment : le sol était couvert jusque-là, donc il n'y a rien à désherber avant de semer.

L'autre intérêt, c'est le calendrier. L'autoflorante finit plus tôt que le reste. Je sème l'engrais vert derrière, en plein été ou début d'automne — et il tient un an et demi. C'est ce qui compense l'année et demie de culture qui vient d'avoir lieu sur cette bande.

Semer dense, couvrir le sol

Le chanvre est semé assez dense, toujours. C'est ce qu'on fait en maraîchage bio intensif : plus la culture couvre, moins la monoculture pèse sur le sol.

Mon objectif de travail, c'est qu'au moins 70 % de la parcelle soit ombragée par la culture pendant au moins 30 % de sa vie au champ. On peut faire mieux sur d'autres productions — mais sur du chanvre à fleurs, il ne faut pas trop pousser : plus c'est dense, plus le risque de moisissure en floraison augmente. C'est un compromis entre couverture du sol et qualité de récolte, et il se règle chaque année.

Le climat du versant

Le foehn souffle souvent ici, et il souffle chaud. Ça donne des alternances humide-sec qui assainissent les têtes — sur une culture de fleurs, c'est une chance réelle, et c'est une des raisons pour lesquelles ce versant fonctionne.

Le revers, c'est l'automne. Quand le temps s'installe à l'humide, il n'y a plus d'alternance du tout. Et les précipitations comme le froid peuvent être sévères. C'est ce qui fixe la date limite de récolte : à un moment, on ne joue plus la maturité, on joue la conservation.

Les lots de la parcelle B

Même logique de traçabilité qu'en parcelle A, avec la lettre B : O26B03, c'est la bande 3 de la parcelle B, récolte 2026 — la EG1 de Sativa Creation.

Voici le processus complet, étape par étape.

Du semis en mars à la vente en décembre : 9 mois de travail pour chaque gramme.

C'est pour ça qu'on ne peut pas "réapprovisionner" rapidement. Quand c'est fini, c'est fini jusqu'à l'année suivante.

Et c'est pour ça que le prix reflète le temps humain investi, pas une marge distributeur.